\begin{Verbatim}[commandchars=\\\{\}] https://www.lefigaro.fr/actualite\PYZhy{}france/il\PYZhy{}est\PYZhy{}temps\PYZhy{}de\PYZhy{}savoir\PYZhy{}ce\PYZhy{}qui\PYZhy{}a\PYZhy{}provoque\PYZhy{}l\PYZhy{}incendie\PYZhy{}sept\PYZhy{}ans\PYZhy{}apres\PYZhy{}la\PYZhy{}catastrophe\PYZhy{}de\PYZhy{}notre\PYZhy{}dame\PYZhy{}les\PYZhy{}langues\PYZhy{}se\PYZhy{}delient\PYZhy{}20260403 Images au fil de l\PYZsq{}eau : https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503141 https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503142 https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503143 https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503145 https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503146 https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503147 https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503148 https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503149 https://hfr\PYZhy{}rehost.aurait.eu/https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503141 https://hfr\PYZhy{}rehost.aurait.eu/https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503142 https://hfr\PYZhy{}rehost.aurait.eu/https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503143 https://hfr\PYZhy{}rehost.aurait.eu/https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503145 https://hfr\PYZhy{}rehost.aurait.eu/https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503146 https://hfr\PYZhy{}rehost.aurait.eu/https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503147 https://hfr\PYZhy{}rehost.aurait.eu/https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503148 https://hfr\PYZhy{}rehost.aurait.eu/https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/503149 Réservé aux abonnés « Il est temps de savoir ce qui a provoqué l’incendie » : sept ans après la catastrophe de Notre\PYZhy{}Dame, les langues se délient Par Guyonne de Montjou, pour Le Figaro Magazine Le 3 avril 2026 à 11h04 Sujets incendie à Notre\PYZhy{}Dame Notre\PYZhy{}Dame enquête Si seulement elle pouvait raconter… La flèche de Notre\PYZhy{}Dame, chef\PYZhy{}d’œuvre en bois de chêne massif recouvert de plomb… Par où a\PYZhy{}t\PYZhy{}elle commencé à chauffer dans la fin d’après\PYZhy{}midi du lundi 15 avril 2019 ? Le feu a\PYZhy{}t\PYZhy{}il soudain éclaté à la suite d’un court\PYZhy{}circuit, de l’explosion d’un outil électrique sous tension, ou bien a\PYZhy{}t\PYZhy{}il couvé durant plusieurs jours sous la couverture en plomb, jusqu’à déclencher une combustion vive au contact du dioxygène au niveau du comble ? Il aura fallu (seulement) quatre mois pour que le Louvre reconnaisse les erreurs qui ont conduit à son cambriolage dominical invraisemblable et en tire les conséquences. Sept ans après l’incendie ravageur d’un des plus imposants édifices de France, l’enquête n’a encore livré aucune conclusion. Les équipes se sont maintenues en place, peu ou prou. Au sein des effectifs qui travaillent chaque jour dans la cathédrale, les rumeurs passent des travées à la sacristie, escaladent les beffrois, effleurent les ailes étincelantes du coq : elles sont omniprésentes. « Il y a les complotistes qui sont persuadés qu’un fou a mis le feu le 15 avril et les autres qui échafaudent des scénarios, mettent bout à bout des informations cueillies auprès des premiers témoins. Chacun y va de son idée, de son interprétation. On travaille comme si ce n’était pas un sujet mais on y pense tout le temps, témoigne un employé de longue date du recteur\PYZhy{}archiprêtre de Notre\PYZhy{}Dame, qui a requis l’anonymat et murmure autour d’un café à l’ombre de la bâtisse. Dans un souci d’apaisement général, tandis que les dons affluaient du monde entier , l’heure n’était pas aux règlements de comptes et à la dénonciation d’éventuels coupables, complète\PYZhy{}t\PYZhy{}il d’un air entendu. Maintenant que Notre\PYZhy{}Dame est restaurée et réouverte, il est temps de savoir ce qui a provoqué l’incendie. » » LIRE AUSSI \PYZhy{} Mgr Laurent Ulrich : « J’ai invité le pape à Paris. Il m’a répondu : “Oui, j’aimerais voir Notre\PYZhy{}Dame”» Dépose rapide Au\PYZhy{}dehors, les langues se délient aussi. Le général Jean\PYZhy{}Claude Gallet, qui dirigeait la brigade des sapeurs\PYZhy{}pompiers de Paris (BSPP) et qui est intervenu sur la bâtisse en feu la nuit du drame, la sauvant avec ses hommes d’une destruction quasi certaine, nous a confié son hypothèse sur l’origine de l’incendie : « Je vois le feu surgir sous la flèche, côté sud\PYZhy{}est de la cathédrale. Pour moi, il n’est pas exclu qu’il ait couvé plusieurs heures ou même plusieurs jours avant d’éclater. J’ai vu parfois des feux sournois couvant derrière les murs, sous les couvertures de zinc, de plomb pendant des durées invraisemblables. Ce type de feu\PYZhy{}là suit le cheminement des termites, des insectes, saute de clou en clou, parfois de plusieurs mètres. Il a besoin de peu d’oxygène, note le haut gradé au verbe franc. En l’absence de caméra thermique, ces trois sens peuvent le détecter : l’odorat, la main, l’oreille. Il dégage une fumée très légère, se propage par conduction. C’est l’un des feux les plus techniques que je connaisse. » Sans l’affirmer, cet officier évoque la possibilité qu’une intervention sur les statues des 12 apôtres, quatre jours seulement avant l’incendie, ait constitué un élément déclencheur, de près ou de loin. Trois semaines avant l’incendie, les têtes des statues d’apôtres ont été retirées « par chauffage avec une panne à souder ». Collection particulière Reprendre le fil des événements la semaine précédant l’incendie n’est pas si difficile. Les gestes des professionnels intervenant près de la flèche, grâce à l’échafaudage en cours d’installation, ont été parfois filmés, tracés, photographiés. Le 11 avril au matin, une opération sensible est programmée, dans la zone de la chambre de l’horloge, à plus de 30 mètres de hauteur, côté Seine. Quelques généreux mécènes privés ont accepté de financer la dépose et la restauration des 16 statues en cuivre, édifiées par Viollet\PYZhy{}le\PYZhy{}Duc autour de la flèche il y a un siècle et demi. « Nous avions les autorisations depuis six mois pour les retirer grâce à une grue qui devait rester autant que nécessaire, mais quelques jours avant, la mairie du secteur nous a signalé qu’en raison des travaux sur le pont voisin, il faudrait accélérer l’opération pour ne pas bloquer le passage plus d’une demi\PYZhy{}journée. Nous avons dû faire au plus vite », nous révèle un témoin de la scène, employé de la cathédrale requérant l’anonymat et présent ce matin\PYZhy{}là, photos à l’appui. Pas d’étincelle Dans la précipitation, certains boulons en bronze, qui fixaient les statues sur leur socle depuis 1861, auraient\PYZhy{}ils été « attaqués » à la disqueuse ou au chalumeau ? Richard Boyer, directeur général de la Socra, l’entreprise en charge de cette opération délicate, dont les ateliers se trouvent en Dordogne, le dément formellement. « Nous avions tout préparé au mieux, dans le courant du mois de mars, sur chacune des statues. Je vous l’assure, pas une étincelle n’a été faite par mes équipes, en cette journée du 11 avril. Durant environ deux à trois semaines, jusqu’au 25 mars 2019, mes équipes ont préparé cette opération. Nous avons pu manipuler les statues afin de les faire coulisser sur leur axe principal pour garantir que rien n’entraverait leur dépose et s’assurer de l’état de conservation des armatures internes », martèle Richard Boyer au téléphone cette semaine. « Le 11 avril, je me souviens que la presse était présente comme de nombreux échafaudeurs qui travaillaient, nous devions être 30 ou 40 personnes sur l’échafaudage autour de la flèche, assure\PYZhy{}t\PYZhy{}il d’un ton agacé avant de lâcher. Je suis fatigué de devoir me justifier à chaque date anniversaire. » Dix mois avant l’incendie, les ouvriers circulaient dans le comble pour installer l’échafaudage. LUDOVIC MARIN / AFP Les photos de la dépose ce jour\PYZhy{}là, sur lesquelles on voit ces silhouettes de plus de 3 mètres de hauteur voler dans les airs au\PYZhy{}dessus de Paris, attestent de leur état très dégradé : on aperçoit les orifices des boulons noircis, et des traces de reprise au chalumeau récentes ou plus anciennes ici et là. Il est certain que leur état, dû à une oxydation importante, réclamait une restauration rapide. « On intervient sur ces statues parce qu’elles sont relativement fragiles, réalisées dans un matériau qui s’oxyde. Nous sommes en présence d’une structure métallique complexe, une sorte de crinoline en fer pur, sur laquelle vient se fixer une peau de cuivre », expliquait\PYZhy{}il en 2022 lors d’une conférence filmée en public. Décollation Richard Boyer nous précisait encore : « Afin d’accéder à l’intérieur des statues, nous avons opéré un travail de désassemblage des pièces au niveau du cou par chauffage avec une panne à souder pour retirer le joint à l’étain. À aucun moment nous n’avons procédé à une découpe du cuivre à la disqueuse, ce que le terme de “décapitation” laisse supposer. » Pendant les jours qui ont précédé l’envol des statues sans tête, leur corps était recouvert d’un sac plastique scotché par des bandes adhésives afin d’éviter que la pluie n’entre dans la cavité creuse. Première photo prise par le régisseur à 18 h 48, 30 minutes après le déclenchement de l’alarme. Collection particulière Le matin du 11 avril, tout s’est passé très vite : « L’accès à l’île de la Cité est très compliqué : on n’avait en gros qu’une demi\PYZhy{}journée pour pouvoir les déposer (…). La grue avait été réservée pour la journée du 11 avril. Son installation s’est achevée à 9 heures, et à 14 heures le camion partait pour rejoindre notre atelier en Dordogne. » Une dépose express qui s’est parfaitement déroulée, mais à l’occasion de laquelle de nombreuses personnes n’appartenant pas au chantier, des journalistes, des commerçants du quartier, ont eu l’autorisation de monter sur la plate\PYZhy{}forme. Pyrolyse Depuis 2022, la zone exacte de départ du feu est connue des enquêteurs : selon France Télévisions qui citait une source judiciaire, la flamme serait partie d’un comble, et plus précisément d’une poutre horizontale de la charpente, au niveau de « la sablière du mur gouttereau du chœur, à l’angle sud\PYZhy{}est de la croisée du transept ». C’est précisément cette localisation qui fait écrire à Rémi Desalbres, architecte du patrimoine intervenant sur des édifices classés ou inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, qu’un phénomène de pyrolyse – décomposition du bois sous l’effet de la chaleur – pourrait avoir couvé pendant plusieurs dizaines d’heures avant de déclencher « une combustion vive » au contact du dioxygène au niveau de l’arbalétrier. Cet architecte reconnu, ingénieur de formation, a publié un article en 2023 dans la revue britannique The Cambridge Journal of Law, Politics, and Art. » LIRE AUSSI \PYZhy{} Restauration de Notre\PYZhy{}Dame de Paris : la Cour des comptes salue une «success\PYZhy{}story» qui pourrait servir d’exemple S’appuyant sur les croquis et les plans de Viollet\PYZhy{}le\PYZhy{}Duc, il développe son hypothèse qu’un chalumeau, un fer à souder ou une disqueuse aient pu être utilisés à proximité de la sablière ou de la jupe en plomb des statues, qui recouvrait les poteaux vieux de 165 ans. « Si les échafaudeurs ont poursuivi leur montage ou que des ouvriers sont intervenus sur la couverture en menant des travaux par points chauds, c’est\PYZhy{}à\PYZhy{}dire générant de fortes températures, alors les conditions étaient réunies et favorables à une réaction de pyrolyse. La dégradation lente du bois à des températures basses variant de 300 à 800 °C, peut prendre plusieurs jours. Elle est difficilement détectable. » Par ailleurs, les scientifiques concordent sur la vitesse moyenne de progression d’une propagation de la pyrolyse qui varie selon les fissures du bois, la température extérieure et de multiples paramètres. « Une centaine d’heures sont nécessaires à une pyrolyse pour venir à bout d’une poutre en bois de 5 mètres de long », écrit Rémi Desalbres dans son article. Rémi Desalbres, architecte du patrimoine, croit à un phénomène de pyrolyse. Guyonne de Montjou À nos questions, la Drac Île\PYZhy{}de\PYZhy{}France commanditaire de ces travaux, sous l’œil vigilant de l’architecte en chef Philippe Villeneuve, a répondu succinctement : « Les statues ont été déposées le 11 avril 2019. Les boulons d’origine se sont dévissés sans aucune difficulté : ils ont tous été testés dans les jours qui ont précédé sans présenter de résistance. » Expert du feu L’hypothèse de la pyrolyse couvant sous les statues retirées ne convainc nullement un lieutenant\PYZhy{}colonel des pompiers, à la retraite depuis 2012, spécialiste du feu, expert judiciaire près la cour d’appel de Bourges. Jean\PYZhy{}Luc Cartault est intarissable quand il s’agit d’avancer sur l’énigme de Notre\PYZhy{}Dame. Disert au téléphone comme à l’écrit, l’homme s’étrangle lorsqu’on lui soumet cette piste. « De façon empirique, pour moi, il y avait peu de probabilité que le bois qui supportait les statues soit vermoulu. Le chêne, plus il vieillit, plus il durcit. Il me semble peu plausible qu’il développe une combustion couvante », explique l’auteur de L’Incendie de Notre\PYZhy{}Dame. Le chemin de la compréhension des faits ou l’œuvre de sainte Omerta (Le Lys bleu, 2022), un livre discret mais rigoureux sur le sujet. » LIRE AUSSI \PYZhy{} Te Deum pour Notre\PYZhy{}Dame, une puissante réflexion musicale sur le feu sacré, inspirée par l’incendie Il conclut d’un ton professoral : « L’incendie est une science contre\PYZhy{}intuitive, si vous vous arrêtez à la première conclusion satisfaisante, vous vous trompez bien souvent. » Au fil de nos échanges, ce grand lecteur de Gaston Bachelard – auteur de La Psychanalyse du feu – glissera : « Vous voyez que pour comprendre une flamme qui a fait brûler la cathédrale, on doit remonter très haut dans la chaîne de responsabilité, de l’architecte qui était responsable de la sécurité de l’édifice au ministère de la Culture en passant par le préfet de police. Il semble que les colonnes sèches ont éclaté lorsque les pompiers se sont branchés sur elles. Elles auraient dû être testées périodiquement de façon dynamique. » Plus tard, observant la première photo de l’incendie prise par le régisseur, Cartault avoue : « Il y a sur ce cliché des effets lumineux que je ne comprends pas. » Avant 19 heures et l’arrivée des premiers pompiers, les riverains se désolent, impuissants, de voir la fumée s’échapper. Collection particulière Ce cliché est le premier pris de cette trouée lumineuse, derrière un échafaudage, montrant des flammes déjà libérées et vives, à proximité de la chambre de l’horloge, trente minutes après le déclenchement de l’alarme. Faut\PYZhy{}il rappeler que le clignotant de celle\PYZhy{}ci était surmonté d’une étiquette indiquant un endroit introuvable : « combles nef sacristie », désignant trois sites absolument éloignés les uns des autres ? Le feu éclate donc sur le flanc sud\PYZhy{}est de la cathédrale, au niveau de la croisée du transept, sous l’emplacement des statues fraîchement retirées. Quand les premiers pompiers arrivent sur place, au pied de Notre\PYZhy{}Dame, il est 19 h 05, les flammes percent déjà du toit. Attisées par le vent d’est, elles dévorent les poutres, dont la plupart datent du XIIIe siècle, et font fondre les 210 tonnes de plomb de la toiture ainsi que certaines preuves incontestables. Le prix de la vérité Que fait la justice depuis ? « À la différence du cambriolage du Louvre, il n’y a pas eu d’enquête administrative pour Notre\PYZhy{}Dame, souffle avec dépit Alexandre Gady, professeur à la Sorbonne et ardent défenseur du patrimoine. Quel que soit le scénario de cette fin d’après\PYZhy{}midi du 15 avril 2019, l’incendie relève d’une série de dysfonctionnements, poursuit\PYZhy{}il, écartant la piste d’un incendie criminel ou intentionnel. C’est presque pire qu’un attentat ; il semble s’agir d’une succession d’échecs et de malchance. On attend avec impatience, quel que soit le prix de la vérité, les conclusions de l’enquête judiciaire. » Côté administration, le calme règne : les fonctionnaires de l’époque, rattachés au ministère de la Culture, ont poursuivi leur carrière, l’architecte en chef est resté en poste, nulle démission contrainte ou délibérée n’a eu lieu. À la différence du cambriolage du Louvre, il n’y a pas eu d’enquête administrative pour Notre\PYZhy{}Dame. Alexandre Gady, professeur à la Sorbonne L’enquête judiciaire, elle, progresse. Sept années – chiffre biblique qui désigne l’éternité et la perfection divine… – semblent longues à certains pour tirer au clair l’enchaînement d’accidents qui a mené à l’incendie ravageur. La marche forcée vers la réouverture de la cathédrale en cinq ans, une prouesse, aurait\PYZhy{}elle freiné l’efficacité de la justice à faire au plus vite la lumière sur les causes de l’incendie ? « Le procureur a prélevé toutes les preuves et les pièces dont il avait besoin sur place pour conduire son enquête », nous assurait l’année dernière Philippe Jost, l’ancien bras droit du général Jean\PYZhy{}Louis Georgelin, décédé accidentellement en 2023, et auquel il a succédé à la tête de l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de l’édifice. Charbon de bois provenant de la charpente incendiée. J\PYZhy{}F ROLLINGER/ ONLYPARIS.NET Dès le lendemain de l’incendie, des prélèvements matériels, des auditions, ont nourri le travail de près de 40 enquêteurs de la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris qui cherchaient à comprendre comment le feu avait pris à Notre\PYZhy{}Dame de Paris. Très vite, l’attention s’est portée sur le chantier de rénovation de la flèche, qui avait débuté en avril 2018. Au terme de l’enquête préliminaire, avant la saisine des magistrats instructeurs, le procureur général de Paris de l’époque, Rémy Heitz, avait indiqué privilégier la piste accidentelle, évoquant un mégot mal éteint ou un dysfonctionnement électrique. Plus tard, la procureure de la République Laure Beccuau avait déclaré que « toutes les pistes, dont l’hypothèse d’une intervention humaine à l’origine de cet incendie, (étaient) explorées depuis le début des investigations », avouant finalement qu’au regard des éléments de l’enquête sur le lieu de départ du sinistre, « la piste accidentelle (était) désormais privilégiée ». Mais un accident arrive\PYZhy{}t\PYZhy{}il toujours de façon fortuite ? Le pays roi de l’administration et des normes, comme l’est la France, serait\PYZhy{}il prémuni contre l’irresponsabilité ? Piste accidentelle La piste des fêtards qui auraient gravi les échafaudages mal surveillés, en faisant sauter le loquet de la porte métallique du chantier, pour la énième fois durant le week\PYZhy{}end précédant l’incendie, semble peu relayée. Ces intrusions nocturnes étaient pourtant récurrentes. Une autre hypothèse étudie la présence dans les combles en bois, de câbles électriques enchevêtrés, traversant de part en part l’espace au\PYZhy{}dessus des poutres, comme le montre une photo de l’époque visible dans un documentaire diffusé par BFMTV. « Seuls les employés de l’échafaudeur avaient accès à ces combles. Leurs baudriers, leurs matériels y étaient entreposés. De l’électricité avait été ajoutée pour leur permettre de poursuivre leur travail, affirme un salarié de la cathédrale. Il fallait être équipé de masques spéciaux du fait de la présence du plomb. Personne d’autre qu’eux n’y allait. » Le 15 avril 2019, comme si c’était hier... Rochon Vollet/ABC/Andia.fr L’entreprise d’échafaudage dément par la voix de son patron, Julien Le Bras : « À ma connaissance, de nombreuses personnes avaient les clés des combles et y accédaient régulièrement. Plusieurs journalistes y ont d’ailleurs accédé quelques jours avant l’incendie au moment de la dépose des cloches, et les intrusions de grimpeurs étaient régulières aussi », nous assure\PYZhy{}t\PYZhy{}il. Rémi Desalbres, ancien président de l’Association des architectes du patrimoine, hasarde encore un avis : « Pour moi, placer des installations de chantier, l’électricité et des matériels électriques, dans un comble aussi ancien fait peser des risques inconsidérés. On n’imaginerait pas de telles installations dans une réserve d’archives ! » » LIRE AUSSI \PYZhy{} Où sont passés les 50 millions d’euros promis par Anne Hidalgo pour la reconstruction de Notre\PYZhy{}Dame ? Sur les photos, on voit en effet des tuyaux électriques suspendus dans le comble séculaire : où ces conduits d’alimentation traversaient\PYZhy{}ils la couverture de plomb ? Les ouvriers éteignaient\PYZhy{}ils le courant après leur départ ? Une déboulonneuse d’échafaudage aurait\PYZhy{}elle explosé ou brûlé ? Quid du transformateur retrouvé fondu ? Autant de questions ouvertes et posées. Philippe Villeneuve, l’architecte en chef, nous répond : « Comme tout le monde, je souhaiterais que l’on sache ce qui fut la cause de cet incendie, note\PYZhy{}t\PYZhy{}il. Je ne saurais vous dire précisément quels outils étaient entreposés dans les combles. » Il conclut ainsi : « L’incendie s’est déclaré bien après le départ des ouvriers qui n’avaient absolument aucune tâche pouvant générer des points chauds. Je précise que, contrairement à ce que montre le film de Jean\PYZhy{}Jacques Annaud, il n’y a jamais eu d’étincelles dans les combles car les scies utilisées pour les tubes d’échafaudage sont en carbure de carbone, ceci précisément pour éviter toute étincelle. Ceci figure d’ailleurs, me semble\PYZhy{}t\PYZhy{}il, dans le rapport d’enquête. » Et Julien Le Bras d’ajouter : « Les installations électriques mises en place pour le chantier ont fait l’objet d’une vérification par organisme agréé. » Pour moi, placer des installations de chantier, l’électricité et des matériels électriques, dans un comble aussi ancien fait peser des risques inconsidérés. Rémi Desalbres, ancien président de l’Association des architectes du patrimoine Alors, quid de l’origine de cet incendie historique ? « Comme dans un refoulé psychanalytique, l’hypothèse dont on parle le moins serait\PYZhy{}elle la bonne ? » sourit Alexandre Gady. L’idée d’un malencontreux jet de mégot échauffe toujours les esprits, même si elle est irréaliste. Le court\PYZhy{}circuit dans le comble, lié à une négligence, reste possible. L’expert en feu Jean\PYZhy{}Luc Cartault démonte cette hypothèse tout de go : « Pour l’électricité, permettez\PYZhy{}moi de vous signaler que dès que l’on ne trouve pas une conclusion satisfaisante, c’est la cause électrique qui est avancée. Avec un peu de travail, de persévérance et de “pensée contre son cerveau”, il devient aisé de démontrer que la méchante électricité n’y est pour rien. » À suivre. https://www.lefigaro.fr/actualite\PYZhy{}france/il\PYZhy{}est\PYZhy{}temps\PYZhy{}de\PYZhy{}savoir\PYZhy{}ce\PYZhy{}qui\PYZhy{}a\PYZhy{}provoque\PYZhy{}l\PYZhy{}incendie\PYZhy{}sept\PYZhy{}ans\PYZhy{}apres\PYZhy{}la\PYZhy{}catastrophe\PYZhy{}de\PYZhy{}notre\PYZhy{}dame\PYZhy{}les\PYZhy{}langues\PYZhy{}se\PYZhy{}delient\PYZhy{}20260403 \end{Verbatim}